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Blog mis à jour: 07/10/2008 14:05






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17/09/2008 19:06
Dumas Alexandre père, Joseph Balsamo (0 commentaire)

"- Que voyez-vous donc?
- Un jeune homme qui, depuis mon retour du couvent, me suit, m'épie, me couve des yeux, mais toujours caché.
- Quel est ce jeune homme?
- Je ne vois pas son visage, mais seulement son habit c'est presque l'habit d'un ouvrier ?
- Où est-il?
- Au bas de l'escalier; il souffre, il pleure.
- Pourquoi ne voyez-vous pas son visage?
- C'est qu'il le tient caché dans ses mains.
- Voyez à travers ses mains."

Ironie d’Oriane (Feutre rose): quand un écrivain doit remplir des pages et qu’il ne sait pas comment le faire, il multiplie les dialogues. Très vite les lignes vides s’ajoutent aux lignes vides. C’est d’ailleurs en partie pour cela que n’importe quel texte relativement court peut donner des heures de théâtre. Essayer d’éviter cela au maximum.





15/05/2008 5:50
Féval Paul, Le bossu ou le petit parisien (1 commentaire)

"- Comme cela dort! A quoi peuvent penser ces petits fronts couronnés de leurs boucles angéliques? C'est une âme qui est là-dedans. Cela deviendra une femme capable de charmer, hélas! et de souffrir!


Puis encore:


- Comme il doit être bon de gagner peu à peu, à force de soins, à force de tendresse, tout l'amour de ces chères petites créatures, de guetter le premier sourire, d'attendre la première caresse, et qu'il doit être facile de se dévouer tout entier à leur bonheur! Et mille autres folies que la plupart des hommes de bon sens n'auraient point trouvées. Et mille naïvetés tendres, qui feraient sourire les messieurs, mais qui eussent mis des larmes dans les yeux de toutes les mères. Et enfin ce mot, ce dernier mot, parti du fond de son coeur comme un acte de contrition:

- Ah! je n'avais jamais tenu un enfant dans mes bras!"

Ironie d’Oriane (Bic vert): Pourquoi faut-il que l’humanité presque toute entière s’attendrisse devant les nourrissons comme si la plupart d’entre eux n’étaient pas destinés à devenir des imbéciles, des incultes, des personnes rustres et grossières. Le bébé n’est après tout que le prémisse de l’homme cette bête le plus souvent mauvaise et néfaste… Je n’ai jamais eu d’enfant (au désespoir du Général qui rêvait d’une dynastie pour, de cette façon naïve, croire se perpétuer donc vaincre la mort…), je ne pouvais pas en avoir mais, si je l’avais pu, je suis sûre que je n’en aurais jamais voulu.





10/03/2008 14:13
Anonyme, Les joies du pardon (petites histoires contemporaines pour la consolation des cœurs chrétiens) (0 commentaire)

"Vers l'année 18l0, vivait à Clermont en Auvergne un ouvrier serrurier, travailleur habile et courageux, mais qui malheureusement se livrait de temps en temps à quelques excès. À la suite d'un écart de régime, qui l'avait rendu momentanément malade, il passa une nuit fort agitée: il eut un songe, dans lequel sa soeur qui était morte en religion lui apparut, lui reprocha son inconduite, et le conjura de revenir aux sentiments dont leurs parents leur avaient toujours donné l'exemple.

Cette apparition lui fit une telle impression qu'il se leva, se rendit a l'église la plus proche, et, comme elle était encore fermée, il se mit à genoux sur les marches et attendit l'ouverture des portes; il entra alors, entendit la messe, s'adressa à M. le curé et revint de nouveau après son repas. Pendant les deux jours suivants il fit la même chose: le changement qui s'était opéré en lui parut si étrange que le maître de l'auberge où il logeait pensa qu'il avait affaire à un fou, et pria le médecin de venir examiner son locataire.

Aux interrogations du médecin, l'ouvrier répondit: «Monsieur le docteur, je vous remercie de votre intérêt; mais je me porte bien; j'ai été fou, il est vrai, je l'ai même été longtemps, mais je suis guéri; je le sens, Dieu merci; je me trouve en possession de mon bon sens, et puis j'ai un docteur que je vois tous les jours, et que je vais encore aller trouver; je vous demande la permission de ne pas en changer.» Il revint à son auberge après une dernière visite à l'église, paya sa note, fit son paquet et se mit en route pour Paris, où, marcheur intrépide, il arriva en cinq jours; là il se remit courageusement au travail; debout avant le jour, il n'allait à l'atelier qu'après avoir entendu la messe, et pendant une année entière il ne porta pas à ses lèvres une seule goutte de vin."

Ironie d’Oriane (Bic bleu marial): comme la vie est simple pour ceux qui croient. Je dois avouer que j’ai eu quelquefois la tentation de la foi et que, si je ne suis pas adepte d’une religion précise, je ne peux m’empêcher de croire en un principe supérieur (ce que nous nommons habituellement un Dieu) qui gouverne de loin les affaires du monde. J’aurais cependant bien besoin d’une apparition pour me permettre dev racheter toutes mes fautes. hélas, mes nuits sont obstinément obscures.





28/02/2008 11:13
Valmiky, Le Râmayana (Trad H Fauche) (0 commentaire)

«Je ne suis pas un homme qui fasse des richesses le principal objet de ses désirs; je ne suis pas, reine, ambitieux d'une couronne; je ne suis pas un menteur; je suis un homme, de qui la parole est sincère et l'âme candide: pourquoi te défier ainsi de moi? Toute chose utile à toi, qu'il est en ma puissance de faire, estime-la comme déjà faite, fût-ce même de sacrifier pour toi le souffle bien-aimé de ma vie! Certes! exécuter l'ordre émané d'un père est supérieur à tout devant mes yeux, le devoir excepté: néanmoins, reine, je partirai dans le silence même de mon père, et j'habiterai les bois déserts quatorze années, sur la parole de ta majesté seule. »

Ironie d’Oriane (Feutre bleu) : comme j’aurais aimé que mon mari le Général Proust ait cette psychologie. J’aurais pu mettre ce texte dans sa bouche, de façon ironique, lorsqu’il fait une déclaration publique alors qu’il n’en pense rien. C’est presque un discours électoral (il n’y faudrait que quelques retouches)

Note du copiste : je crois avoir maintenant compris la raison des indications de matériel d’écriture et de couleur qu’Oriane utilise systématiquement dans ses carnets. Je pense qu’il s’agit de quelque chose comme des liens hypertextes. Il y aurait ainsi une trame possible de son «futur» roman liant les passages écrits au stylo «Bic» ou au «crayon», de même d’autres trames seraient dépendantes du «rouge» ou du «bleu nuit» ce qui permettrait une infinité de trames à partir des mêmes éléments de base. Quelque chose comme un roman virtuel infini. C’est peut-être cette puissance illimitée du virtuel qui l’a finalement empêchée de l’écrire. Une hypothèse parmi d’autres. Pour la vérifier, il faudrait mettre tous ces textes sous un tableur de façon à faire des tris conditionnels. Je le ferai peut-être un de ces jours même si ça doit me prendre beaucoup de temps.


20/01/2008 10:32
Gréville Henry, Suzanne Normis, Roman d’un père (0 commentaire)
"Grâce à l'heureux mélange d'une douceur indulgente et d'une sévérité motivée, je réussis à débarrasser Suzanne de ses velléités de domination; une année assez tourmentée fut suivie d'une autre plus facile, et nous entrâmes enfin dans une période d'apaisement qui fut pour nous le paradis. J'initiai ma fille aux mystères de la lecture et de l'écriture; cette partie de ma tâche fut douce et facile, car elle était désireuse de savoir; si j'eusse voulu la croire, nous aurions passé tout le jour, elle à questionner, moi à répondre. Mais des principes d'hygiène bien arrêtés continuèrent à nous entraîner régulièrement partout où l'on trouve l'air pur et le soleil, surtout au bois de Boulogne, à l'heure où cette superbe promenade n'appartient pas encore à la poussière et à la cohue. C'était à deux heures de l'après-midi que nous allions nous ébattre sur le gazon."

Ironie d’Oriane (encre verte) : ne dirait-on pas une réflexion de ma mère?

31/12/2007 9:25
Greene Graham, Le ministère de la peur (Trad. inconnu) (0 commentaire)
"La première fois la pellicule était cachée dans un gâteau que l’on devait passer prendre à une kermesse. Mais vous l’avez gagné — M.Prentice désignait Rover de la tête — le mot de passe vous a, par erreur, été délivré."

Ironie d’Oriane (encre noire) : que de complications ! Comme s’il était besoin de cacher une pellicule dans un gâteau qui ne doit être donné qu’à partir d’un mot de passe donnant le poids exact de ce gâteau au gramme près ! Les romans d’espionnage se spécialisent dans ce genre de détails inutiles.
Ceci dit, ce roman de Graham Greene est plus proche de Kafka que du roman d’espionnage classique et ne tient que par cet espèce de surréalisme ingénu.

03/12/2007 16:15
Babour, ghazals (0 commentaire)

Même si, infidèle, elle m'apporte cent maux,
qu'elle vienne ! Et si je détourne mon visage, que vienne le mal !

Que faire avec mon amie, cela suffit :
bonté et fidélité pour mon rival, tourments et souffrances pour moi.

Il n'est pas surprenant que ma raison me soit étrangère
quand, avec son air de péri, elle devient mon amie.

Mes soupirs et mes larmes accroissent ma faiblesse
je sais, ce temps ne me convient pas non plus,

n'use pas ta vie à me soigner en voyant ma souffrance
un mal sans remèdes est venu sur mon âme.

Le trouble de qui cherche son aimée pour lui plaire
n'est pas le tien mais le mien.

Babour, sur sa route je multiplie mes regards
pourquoi, pas à pas, ne veut-elle pas venir à mes yeux ?

Ironie d'Oriane (encre de Chine noire): l'amour… quelle illusion! Et j'y ai cru, moi aussi, plus d'une fois, plus d'une fois je me suis laissé prendre aux mots des sentiments. Pourtant…


28/11/2007 12:16
Gide André, Les caves du Vatican (0 commentaire)
"Les punaises ont des moeurs particulières; elles attendent que la bougie soit soufflée, et, sitôt dans le noir, s'élancent. Elles ne se dirigent pas au hasard; vont droit au cou, qu'elles prédilectionnent; s'adressent parfois aux poignets; quelques rares préfèrent les chevilles. On ne sait trop pourquoi elles infusent sous la peau du dormeur une subtile huile urticante dont la virulence à la moindre friction s'exaspère...

La démangeaison qui réveilla Fleurissoire était si vive qu'il ralluma sa bougie et courut au miroir contempler, sous le maxillaire inférieur, une rougeur confuse semée d'indistincts petits points blancs; mais la camoufle éclairait mal; la glace était de tain sali, son regard brouillé de sommeil...
 
Il se recoucha, frottant toujours; éteignit de nouveau; ralluma cinq minutes après, la cuisson devenant intolérable; bondit à sa toilette, mouilla dans le broc son mouchoir et l'appliqua sur la zone enflammée; celle-ci, toujours plus étendue, atteignait à présent la clavicule.
 
Amédée crut qu'il tombait malade et pria; puis éteignit encore. Le répit apporté par la fraîcheur de la compresse fut de courte durée pour laisser le patient se rendormir; à présent se joignait à l'atrocité de l'urticaire la gêne d'un col de chemise trempé; qu'il trempait aussi de ses larmes. Et tout à coup ils sursauta d'horreur: des punaises! ce sont des punaises!... Il s'étonna de n'y avoir pas pensé plus tôt; mais il ne connaissait l'insecte que de nom, et comment aurait-il assimilé l'effet d'une morsure précise à cette brûlure indéfinie? Il jaillit hors du lit; pour la troisième fois ralluma la bougie."

Ironie d’Oriane (feutre orange) : joli texte et qui montre une bonne connaissance du sujet. Je ne l’ai pas, mais je me souviens très bien de mes nuits d’Afrique et des moustiques qui m’assaillaient, notamment d’une nuit particulière où je dû coucher sans moustiquaire dans notre 4x4 bloqué, suite à un violent orage, par la crue soudaine d’un ruisseau de boue rouge. Fidèle à ma méthode d'écriture, j’utiliserai ce texte dans ma fiction en le transposant légèrement, elle n’en sera que plus réelle.


15/11/2007 8:22
Bloy Léon, Le désespéré (0 commentaire)
"A peine au début de sa brillante carrière, il a déjà conquis des avenues et des boulevards. Ses grâces personnelles faites de rien du tout, comme sa science même, passent généralement pour irrésistibles. Sa petite tête ascendante et mobile de casoar consultant est habituellement scrutatrice à la manière d'un speculum qui aurait d'aimables sourires. Casuiste médical plein de mystères et conjecturant brochurier plein d'intentions, mais thaumaturge hypothétique, il serait peut-être le premier docteur du monde pour guérir les gens de mettre le pied chez lui, s'il n'avait reçu l'admirable don de tranquilliser Cypris ulcérée et d'attraire ainsi une vaste clientèle de muqueuses aristocratiques dont il est devenu le tentaculaire confident."

Ironie d’Oriane (encre rose) : ne dirait-on pas le portrait sans complaisance d'Elstir ? Le style en est un peu baroque et ce n’est pas comme ça que j’écrirais mais tout de même…

18/10/2007 12:02
Sieur de Potrincourt, Conversion des sauvages qui ont été baptisés en la Nouvelle France (0 commentaire)
"On a jadis fait tant de depenses & pertes d'hommes à la reconqueste de la Palestine, à quoy on a peu proufité: & aujourd'hui à peu de frais on pourroit faire des merveilles, & acquerir infinis peuples à Dieu sans coup ferir: & nous sommes touchés d'une se ne sçay quelle lethargie en ce qui est du zele religieux qui bruloit nos peres anciennement. Si on n'esperoit aucun fruit temporel en ceci je pardonnerois à l'imbecillité humaine. Mais Il y a de si certaines esperances d'une bonne usure, qu'elles ferment la bouche à tous les ennemis de ce pays là, lesquels la decrient afin de ne perdre la traite des Castors & autres pelleteries dont il vivent, et sans cela mourroyent de faim, ou ne sçauroient à quoy s'employer. Que s'il plaisoit au Roy, & à la Royne Regente sa mere, en laquelle Dieu a allumé un brasier de pieté, prendre goust à ceci (comme certes elle a faict au rapport de la Conversion des Sauvages baptizés par le soin du Sieur de Poutrincourt) & laisser quelque memoire d'elle, ou plustot s'asseurer de la beatitude des cieux par cette action qui est toute de Dieu, on ne peut dire quelle gloire à l'avenir ce lui seroit d'estre la premiere qui auroit planté l'Evangile en de si grandes terres, qui (par maniere de dire) n'ont point de bornes. Si Helene mere de l'Empereur Constantin eust trouvé tant de sujet de bien-faire, elle eust beaucoup mieux aymé edifier à Dieu des temples vivans que tant d'edifices de marbre dont elle a rempli la terre saincte. Et au bout l'esperance de la remuneration temporelle n'en est point vaine."

Ironie d’Oriane (encre verte un peu baveuse) : c’est mon ami de Norpois qui m’a prêté cet ouvrage qui est pour lui un exemple de ce que devrait savoir faire la culture chrétienne dont il déplore la décadence accélérée.

11/08/2007 6:46
Milovanoff Jean-Pierre, Russe blanc (0 commentaire)
"L’attachement, le détachement puis l’attachement de nouveau, le détachement, c’est ainsi que sont faits nos livres, nos vies, où tout le lointain se reflète et tout le proche. Bruissements et bourdonnements, rumeurs et appels, attente du soir qui descend par-delà le portail ouvert et jusqu’au silence du ciel entre deux longs cris d’agonie. Puis les profondeurs de la mer, le noir de la mer, les consolations de la mer au bas des collines en feu."

Ironie d’Oriane (crayon de papier rose) : il y a du prof en tout écrivain dont ont dirait qu’il s’efforce de proposer des sujets de « dissertation » valables du bac à l’agrégation de lettres. Cela me semble plutôt facile car il s’agit d’écrire — plutôt bien de préférence — un peu n’importe quoi de façon à rendre la lecture incompréhensible sans commentaire. Car on peut bien écrire n'importe quoi… Ce n’est pas ce que je veux ni ce que je cherche. On le verra dès que j’aurai commencé à écrire.

15/07/2007 14:36
Bentham Jeremy, De la nomographie (Trad. J P Cléro) (0 commentaire)
"Supériorité – égalité – infériorité : - entre l’homme et l’homme tels sont les trois degrés de l’échelle du pouvoir. Adressé à un inférieur, un discours qui exprime la volonté de son supérieur possède le caractère et l’effet d’une loi ; adressé à un supérieur, un discours qui exprime la volonté d’un inférieur se présente sous le caractère et l’effet d’une pétition ; adressé à un égal, un discours qui exprime la volonté d’un partenaire se présente sous le caractère d’une proposition."

Ironie d’Oriane (encre verte): voilà bien la position militaire des rapports socio-politiques. Mon ex-mari,
le Général ne pourrait qu’approuver sans réserves lui qui a toujours défendu l’idée d’une hiérarchie naturelle des individus qui ne pose aucun problème si elle n’est pas pervertie par une hiérarchie artificielle, créée par l’homme, par l’héritage par exemple, génératrice de conflits.

20/05/2007 7:06
Sartre Jean-Paul, Préface à Portrait d’un inconnu de Nathalie Sarraute (0 commentaire)
"Les anti-romans conservent l’apparence et les contours du roman; ce sont des ouvrages d’imagination qui nous présentent des personnages fictifs et nous racontent leur histoire. Mais c’est pour mieux décevoir : il s’agit de contester le roman par lui-même, de le détruire sous nos yeux dans le temps qu’on semble l’édifier, d’écrire le roman d’un roman qui ne se fait pas, qui ne peut pas se faire, de créer une fiction qui soit aux grandes œuvres composées de Dostoïevski et de Meredith ce qu’était aux tableaux de Rembrandt et de Rubens cette toile de Miro intitulée Assassinat de la peinture."

Ironie d’Oriane (Bic noir rageur) : autrement dit l’Être et le Néant sont la même chose mais s’habillent différemment. Il n’y a pas d’anti-littérature ou alors elle est hors du territoire de l’écrit. L’anti-littérature, c’est le silence, peut-être le cri mais en tous cas pas des mots quelle que soit la façon dont ils sont ordonnés sur le papier. Même dans la génération automatique comme la pratique et la diffuse Balpe (
FICTION (fictions)) il ne s’agit pas d’anti-littérature mais d’une forme autre de la littérature qui ne fait qu’aborder de nouvelles questions.

23/03/2007 13:59
Larbaud Valéry, Fermina Marquez (0 commentaire)
"Les romans étaient, pour elle, quelque chose de nouveau, elle ne voyait pas derrière le récit, les artifices littéraires, le déjà connu, les vieux accessoires qui servent partout, et qui finissent par nous dégoûter du passé défini et de tous les romans du monde. Elle était comme ces spectateurs qui n’ont jamais vu les coulisses, et qui admirent le décor sans arrière-pensée."

Ironie d’Oriane (feutre vert acide presque fluo) : Quelle chance… la plupart des romans ne sont en effet rien d’autre que l’application de recettes éculées sans inventivité aucune. Comme toujours d’ailleurs, dans le domaine de la création, ce qui fait recette ne relève que du connu et de l’habitude culturelle. La vraie nouveauté est par trop dérangeante…

14/03/2007 6:01
Fleischer Alain, L’amant en culottes courtes (0 commentaire)
"Je me soulevais légèrement pour laisser ces mains si suaves s’emparer de moi, me caresser, me guider. Je ne savais comment me comporter pour collaborer à l’action et, pour le coup, à mon tour je me laissais faire. Par une légère reptation, Barbara sut comment nous ajuster l’un à l’autre, et il arriva un moment où je sentis que je quittais ses mains sans quitter son corps, ou que ses mains me quittaient sans m’abandonner, ne se retirant que pour me libérer, me laisser seul en elle, dans un contact nouveau, une continuité idéale entre elle et moi, mon sexe seul dans son sexe à elle, et moi tout entier enfin parvenu là entre les cuisses d’une fille, enfoncé là pour la première fois par ce bout de mon corps surgi du boutonnage de mes culottes courtes, qui y entraînait mon être tout entier jusqu’à en perdre la tête. C’était la première fois."

Ironie d’Oriane (feutre mi figue mi-raisin) : 326 pages de ce long roman sur les culottes courtes pour en venir là, et ce n’est que le milieu du récit. Un libertinage bourgeois où l’affectation anglomane se mêle à l’autosatisfaction faussement modeste. Je préfère les livres plus crus, plus directs, un Henri Miller, un Sade, un Sader-Masoch, un
Hodges qui disent plus justement les changements que le sexe produisent en l’homme son passage de l’être social à l’animalité. Ici la phrase n’en finit pas de se complaire à elle-même, tout tourne sans fin autour d’une seule obsession, celle, quasi-fétichiste, des culottes courtes.

26/02/2007 9:36
Egloff Joël, L’étourdissement (0 commentaire)
"Forcément, c’est pas sain comme environnement. Les enfants sont pâlots, les vieillards sont pas bien vieux. On fait d’ailleurs pas toujours la différence entre les deux. Moi, en tous cas, je finirai pas ma vie ici, c’est sûr. Un jour j’irai voir ailleurs, même si on dit que c’est partout pareil, même si on dit qu’il y a des endroits ou c’est encore pire. J’ai beau faire des efforts d’imagination, j’ai du mal à y croire, à ça."

Ironie d’Oriane (encre verte plume sergent major ?) : il y a toute une part de la littérature contemporaine qui repose ainsi sur un faux humour destiné à déguiser des clichés en «distance». Un reste de l’influence des Ionesco, Michaux et autres écrivains de l’absurde apprivoisé. De nos jours, tout cela fait application de recettes sans saveur et fumée pour dissimuler le vide. Je n’écrirai jamais comme ça.

17/02/2007 5:16
Daguenet Patrick, Fontainebleau - les cygnes des temps (0 commentaire)
"Tous se précipitèrent et trouvèrent le jeune homme étendu, à moitié assommé, à la sortie des toilettes. Son sac était grand ouvert et son contenu était éparpillé par terre. Au bout d’un moment, John finit par retrouver ses esprits, Jugnot, qui était accouru parmi les premiers, lui demanda ce qui s’était passé.

- «Je n’en sais fichtrement rien» lui répondit John au bout d’un moment en américain.

Le commissaire n’eut pas besoin de traduction pour comprendre la réponse du jeune homme. Il regarda autour de lui et commença à se poser mille questions : par qui l’étudiant avait-il été agressé ?"

Ironie d’Oriane (encre rouge) : nous non plus n’avons pas besoin de la traduction pour comprendre. D’ailleurs comment dites-vous Je n’en sais fichtrement rien» en américain ? (Quel américain ?). C’est ce genre d’écrit qui me fair reculer le moment où je devrais me mettre à écrire. Comment peut-on écrire tant de banalités («mille questions», «au bout d’un moment»…) en si peu de phrases. Automatismes de l’écriture…



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